Loin de moi l'idée de vouloir saoûler tout le monde avec mes multiples problèmes...
je sais que je délaisse un petit peu ce blog ces derniers temps, je n'avais pas forcément le temps ni l'envie d'écrire.
Je voudrais seulement que les quelques personnes qui lisent ou qui ont lu mon blog en me découvrant avec stupéfaction, comprennent...
J'avoue être pessimiste, ne pas m'aimer, être mélancolique et déprimée, oui ça c'est moi!
Oui la Virginie que vous connaissez, c'est celle qui râle, qui fait des blagues salaces (parfois) qui a toujours un oeil rué sur le mec mignon etc... celle qui rit avec vous, qui est partante pour aller boire et s'amuser oui ça aussi c'est moi!
tout ça c'est moi!!! vous ne vous êtes jamais trompés sur moi, vous n'avez pas à vous sentir floué(e)s ou à lire mes articles à découvrir cette inconnue que vous croyiez connaître...
J'ai appris à vivre avec ces deux facettes, tout simplement parce qu'il a fallu pendant de nombreuses années cacher ce que je vivais pour ne pas avoir honte...
Je sais que la vie n'épargne personne... mais parfois elle s'acharne, elle vous fait mal, elle vous rabaisse plus bas que terre, elle vous étouffe, elle tente de vous tuer.... et au milieu de tout ça il faut survivre...
et si je n'avais pas rencontré des amis, des copains, des camarades qui me font oublier un temps tous ces problèmes, je n'aurais pas pu survivre, c'était un moyen de me dire que j'étais normale!
Et c'est toujours ce même but et cet oubli de Soi qui m'a permis de toujours vouloir m'en sortir et de devenir quelqu'un...
Mais je n'ai jamais pu fuir ou oublier aussi tous ces problèmes dans ma vie, parce qu'ils sont là tous les jours à vous ronger à pourrir votre existence, à vous détruire: mon enfance a été un problème, de très bons moments avec ma famille d'adoption (à qui je dois tout) mais aussi des moments de solitude, de détresse: la sensation d'être différente des autres et de ne pas vraiment savoir pourquoi...
J'ai toujours su que quelques choses étaient anormales dans ma famille mais je prenais ma situation pour normale (oui c'est un peu paradoxal):
- j'ai une vrai grand mère paternelle que je connais qui est ma marraine et qui m'aime plus que tout, qui est douée pour la musique et je porte son prénom en deuxième prénom
- ma grand mère maternelle vivait mais je ne l'ai jamais connue et ma mère non plus et ne voulait absolument pas que je la connaisse
- mon vrai grand père paternel vivait mais je ne l'ai jamais connu et mon père non plus et il a toujours fait en sorte qu'il ne vienne pas s'immiscer dans la vie de ma grand mère (oui bizarre comme situation)
- les parents adoptifs de ma mère, ce sont mes grands parents sans vraiment l'être, j'ai toujours su que ce n'était pas mes grands-parents (pourquoi? je ne sais pas pas, une intuition d'enfant quoi)
- ma mamie nounou et mon papy lulu ce sont les personnes qui m'ont élevée lorsque j'étais petite avec ma soeur, j'ai vécu 5 ans chez eux et j'ai toujours ensuite passé mes vacances chez eux, ce sont pour moi, mes vrais grands parents alors que ce n'est pas ma vraie famillle...
voilà ces gens là sont à la base de tous: parfois de beaucoup de maux de ma famille et de secrets et les autres ont été les points de suture à toutes les blessures...
voilà déjà ce que mentalement au niveau des repères j'avais sans compter les multiples cousinages ou oncles ou tantes qui sont difficiles à expliquer au commun des mortels (et encore maintenant)
au niveau social: c'est sans doute mon plus gros secret, la chose que j'ai caché toute ma vie et encore maintenant et que je ne dévoilerai pas ici mais j'ai toujours du cacher mes conditions de vie pour ne pas qu'on se moque de moi, pour ne pas être différente... certains d'entre vous savent ce qu'il en est, pour certains je l'ai confié volontairement, lorsque je le dis à une personne c'est une grande marque de confiance, c'est un grand pas pour moi... pour d'autres vous l'avez su par inadvertance et ça a été un choc brutal pour moi à chaque fois, parce que c'est une partie de ma vie que j'ai toujours caché, que j'ai voulu oublier...
seulement ce blocage vient qu'une fois lorsque j'avais 6ans, mes conditions de vie que je croyais normales ont été dévoilées devant toute la classe... je ne pensais pas être différente sauf que là aux yeux de beaucoup de gens et même de l'institutrice je l'étais... c'est arrivé comme ça, c'est ce jour là que j'ai su qu'il ne fallait plus jamais en parler, plus jamais le dire... et malgré que j'étais la 1ere de la classe, ce sentiment de honte c'est encore une grande cassure en mois, chaque fois que je l'évoque, chaque fois que j'y pense à ce moment précis où le couperet tombe et que tout bascule...
Et puis il y a tout le reste, même quand par la suite je vivais enfin normalement, il a fallu gérer de nombreux soucis, mes parents ont de nombreuses blessures intérieures qu'ils ne montrent pas mais qui sont perceptibles chaque jour... J'ai du gérer l'éducation de mon frère parce que ma mère ne lui avait montré aucun exemple et mon père ne voulait pas s'en occuper... mon père était malade de sa vie remplie de secrets, de questions auxquelles il n'avait pas de réponse, malade de la mort de sa grand mère qui l'avait élevé (oui lui aussi)... ma mère ne se connaissait pas, nous non plus... il y avait des problèmes d'argent et je gérais avec Sev, on allait faire les courses, apporter des papiers, aller en cours, faire le ménage, la vaisselle, sortir les poubelles, tondre la pelouse, ramasser l'herbe etc... oui j'avais 12 ans, elle en avait 9 et on devait faire tout ça on craignait la sanction, nous n'avions malgré tout jamais le droit à l'erreur avec nos parents, jamais! ça a été ça pendant toute mon adolescence... enfin quelle adolescence? Je n'ai pas eu le droit de vivre, d'aller dormir chez les copines, d'être amoureuse, ni même de m'aimer moi même, je me détestais, je ne savais pas qui j'étais mais en même temps je ne comprenais pas le problème de mes parents...
et puis ensuite le lycée, période faste pour nombre de personne... au moment où les choses allaient mieux, je perdais mon grand-père (mon papy lulu) ça a été le plus grand chagrin, la chose qui m'a cassé à jamais... tout le reste jusqu'ici je supportais, mais ça, c'était insurmontable... je perdais MA famille, mon enfance heureuse auprès de lui, la personne qui nous défendait tout le temps devant mes parents, la personne qui nous a donné des repères... je perdais une partie de moi-même... alors voilà mon lycée, ça a été une grande période de déprime et où mon seul moyen de survivre c'était de bosser d'aller en cours, d'y voir ma meilleure amie Elodie, l'une des premières personnes à qui j'ai pu parler de mon enfance... Je me suis noyée dans la musique, dans le savoir mais c'était les seules choses qui me rendait heureuse et qui me permettait d'oublier toutes mes cassures
et puis il y a la Fac et là j'ai ainsi pu me connaître un peu mieux, en retrouvant ma famille mais aussi en me permettant de vivre ma propre vie et donc mes propres erreurs^^ Mais ce fut troublant lorsque l'on m'a mis devant le fait accompli, lorsque l'on m'a demandé pourquoi j'étais malheureuse... oui je ne suis pas heureuse de ma vie, j'ai souffert et je découvre aussi ma propre histoire, ma famille ce n'était pas une période facile et je n'ai pas envie de tout dire au gens... je ne veux pas me présenter en disant "hey salut je suis Virginie, j'ai eu une enfance malheureuse et ma famille n'est pas normale" drôle d'approche non?
non je me présente celle que je suis sans ces problèmes là et au fond il n'y a que les personnes qui ont eu une expérience traumatisante qui savent de quoi je parle... C'est Moi quoi! moi sans tout ça mais parfois je suis silencieuse, amère parce que je ne suis pas invincible non plus!!! je doute tout le temps, je me pose mille question à l'heure et non je n'ai pas forcément envie de faire partager tous mes soucis, tout ce dont pourquoi je souffres à n'importe qui... mes problèmes sont profonds et complexes, je ne peux pas arrivée le moral en berne et vous dire que "j'ai perdu mes clés" NON! ça n'est pas comme ça que fonctionne ma tête, mon humeur, c'est plus enfoui, je peux pas tout expliquer et les personnes qui sont mes meilleurs amis savent que c'est petit à petit que je me suis redressée parce que chaque pierre était importante et qu'il fallait consolider certaines bases...
Mais le mal est fait, ma mémoire est là, l'édifice est fragile, oui j'ai de fortes tendances à déprimer mais ça n'est pas tous les jours, c'est pas pour n'importe quoi et je suis toujours Moi...
alors je suis dans une phase où j'ai envie d'abattre certains blocages, j'ai envie d'être positive, j'ai envie de vivre, j'ai besoin d'être quelqu'un, besoin d'être moi... alors vous savez les grandes lignes de mes failles, vous ne savez pas tout mais ça n'a pas d'importance si la personne à laquelle je tiens peut me permettre de vivre et non plus de survivre... c'est tout ce que j'attends des relations, ce que m'apporte en général l'amitié sans que j'ai besoin de m'expliquer...